-27 octobre 2007, Thirteen. -
Pour une majorité, les équations sont à peu de choses près les mêmes. Pour moi, c'est différent.
Y a un truc derrière moi qui se balade. Un passé pas facile à avaler. J'croyais en avoir enterré une partie, mais c'est absurde. On oublie pas ces choses là. Que ça soit à 15, 16, 18, 20 ans, peu importe. Les cicatrices je les porte.
Mon bras gauche en porte environs vingt-cinq, plus ou moins profondes. Mon sein gauche en porte deux, légères, juste assez visible pour moi. Quand à mes jambes, quatre sur la droite, 6 sur la gauche. Oui, je m'entaillais plus a gauche, logique vu que je suis droitière, les entailles étais plus pécises. Deux ans d'automutilation sa s'efface pas comme ça. On fini par en parler de plus en plus facilement, on abat les tabous. On se dit qu'il n'en reste qu'un mauvais souvenir. Et puis voila, un jour on succombe à l'angoisse et on regarde Thirteen. Malheureusement, c'est pas un film qu'on regarde. C'est un souvenir. C'est des paroles qu'on a prononcé, une intonation dans la voix qu'on a eu, des scènes qu'on connait par coeur pour les avoir vécues. La chambre a changé entre temps. Plus aucun meuble de cette époque n'est resté. Mais les murs eux, il la portent en eux cette histoire. L'histoire d'une adolescente qui avait mal à la vie a s'en déchirer le corps, qui avait au fond soif de douleur, qui savait qu'elle ne pourrais pas continuer et qui s'entêtait. L'histoire d'une gamine de 14 ans qui pensait à se faire payer pour coucher, pour acheter un max de drogue, vivre avec sa meilleure amie et tirer un gros fuck à ses parents. Elle vit quelque part en moi cette histoire, cette fille c'est moi, juste quelques année plus tôt, moi et elles, ces trois amies qui partageaient mes conneries. Ou plutôt, soyons honnêtes, ce qu'aujourd'hui j'appelle des conneries.
Chez certaines personnes le passage entre le monde de l'enfance et celui des adultes se fait en douceur. Pas pour moi. Je ne fais pas les choses à moitié. Je me suis violentée, détruite, j'ai fais naître quelque chose en moi. Quelque chose que toutes les drogues du monde ne sauront effacer.
Et maintenant? Maintenant je suis juste cette petite conne qui a grandi, pris du poil de la bête. Et c'est con de dire ça, parce qu'en vérité, j'ai grandi pour mieux régresser, mais sous une autre forme.
Quand Manson peint, c'est nos coeurs qu'il représente.